Guide pratique n° 1
Céder son entreprise en 7 étapes
Le guide complet du dirigeant de TPE : le calendrier, les pièces à réunir, les points de vigilance de l’avocate et une check-list à chaque étape. Cette page présente l’introduction, la carte des 7 étapes et l’étape 1 en intégralité.
Avant de commencer
À qui s’adresse ce guide et comment l’utiliser
Ce guide s’adresse aux dirigeants de très petites entreprises, commerçants, artisans, professionnels indépendants et gérants de sociétés de moins de 10 salariés, qui envisagent de céder leur entreprise. Il a été rédigé par une avocate qui accompagne ces opérations au quotidien dans le VAL-DE-MARNE et en région parisienne, à partir des questions qui reviennent à chaque premier rendez-vous.
Il ne remplace ni votre expert-comptable ni votre avocat. Il vous donne le déroulé complet d’une cession, du jour où vous décidez de vendre jusqu’aux mois qui suivent la signature, afin que vous sachiez à chaque étape ce qui se passe, ce que l’on attend de vous, quels documents réunir et où se situent les pièges. Un dirigeant qui comprend le processus négocie mieux, perd moins de temps et dort mieux.
Une cession de TPE dure de 3 à 18 mois selon les dossiers. La durée dépend de la préparation de l’entreprise, de la rapidité à trouver un acquéreur sérieux, du financement de celui-ci et de la complexité juridique de l’opération. Le meilleur moyen de raccourcir ce délai est de commencer par l’étape 1 avant même de chercher un acquéreur.
Comment lire ce guide
Chaque étape suit le même plan : un encadré « En bref » qui résume l’essentiel en quelques lignes, puis ce qui se passe concrètement, les pièces à réunir, le point de vigilance de l’avocate et une check-list à cocher. Si vous manquez de temps, lisez les 7 encadrés « En bref » et les 7 check-lists : vous aurez la colonne vertébrale de votre opération. Revenez ensuite au détail de l’étape que vous êtes en train de vivre.
Les 7 étapes d’une cession
1. Décider et préparer : choisir ce que l’on vend, mettre l’entreprise en ordre, estimer sa valeur.
2. Organiser la confidentialité et trouver l’acquéreur : accord de confidentialité, dossier de présentation, information des salariés.
3. La lettre d’intention : fixer le cadre de la négociation.
4. L’audit de l’acquéreur : ouvrir ses dossiers et répondre aux questions.
5. Le protocole de cession : négocier le prix, les conditions et la garantie.
6. Le closing : signer, payer, accomplir les formalités.
7. Après la vente : accompagner le repreneur, vivre la garantie, régler la fiscalité.
Deux mots reviendront sans cesse. Le cédant, c’est vous, celui qui vend. L’acquéreur ou repreneur, c’est celui qui achète. Lorsque le guide parle de « titres », il désigne indifféremment les parts sociales d’une SARL ou d’une EURL et les actions d’une SAS ou d’une SASU.
La carte de l’opération
Les 7 étapes en bref
Chaque étape du guide commence par cet encadré. Lus à la suite, les 7 encadrés donnent la colonne vertébrale d’une cession.
Décider et préparer la cession
La préparation est l’étape que les dirigeants de TPE sautent le plus souvent, et celle qui fait perdre le plus d’argent. Avant de chercher un acquéreur, vous devez choisir ce que vous vendez (le fonds de commerce ou les titres de la société), mettre l’entreprise en ordre sur le plan juridique, comptable et social, et vous faire une idée réaliste de sa valeur. Comptez de 1 à 6 mois pour cette étape selon l’état de vos dossiers.
Organiser la confidentialité et trouver l’acquéreur
La recherche d’un acquéreur est le moment où la cession peut se savoir : salariés inquiets, fournisseurs qui durcissent leurs conditions, concurrents qui en profitent. Vous devez donc organiser la confidentialité avant toute approche, préparer un dossier de présentation sobre et honnête, et connaître l’obligation légale d’informer vos salariés du projet de vente.
Dans la partie 1, envoyée aux abonnés de la lettre
La lettre d’intention
La lettre d’intention est le premier document signé entre le cédant et l’acquéreur. Elle fixe le prix envisagé, le périmètre de l’opération, le calendrier, les conditions et les règles du jeu de la négociation (exclusivité, confidentialité, audit). Elle n’est pas la vente, mais elle engage plus qu’on ne le croit. Sa rédaction mérite un conseil dès ce stade.
Dans la partie 1, envoyée aux abonnés de la lettre
L’audit de l’acquéreur
L’audit, ou due diligence, est l’examen de votre entreprise par l’acquéreur et ses conseils avant qu’il ne s’engage définitivement. Vous ouvrez vos dossiers dans une data room, vous répondez aux questions, et vous documentez tout ce que vous transmettez. Un audit bien préparé dure de 3 à 6 semaines. Ses conclusions nourrissent la négociation du prix et de la garantie.
Dans la partie 2, remise aux clients du cabinet ou sur demande
Le protocole de cession
Le protocole de cession, aussi appelé compromis ou promesse, est l’acte qui fixe définitivement les termes de la vente : le prix et ses ajustements, les conditions suspensives, la garantie d’actif et de passif, la non-concurrence et l’accompagnement du cédant. C’est le document le plus important de l’opération. Tout ce qui n’y figure pas sera difficile à obtenir ensuite.
Dans la partie 2, remise aux clients du cabinet ou sur demande
Le closing
Le closing est la réunion de signature des actes définitifs : la vente devient effective, le prix est payé ou séquestré, les clés et les pouvoirs sont remis. Il se prépare par une liste précise des documents à produire et des actions à accomplir le jour même. Les formalités qui suivent conditionnent l’opposabilité de la vente aux tiers et la libération du prix.
Dans la partie 2, remise aux clients du cabinet ou sur demande
Après la vente
La signature n’est pas la fin de l’histoire. Pendant quelques mois, vous accompagnez le repreneur ; pendant plusieurs années, vous restez tenu par la garantie et par la non-concurrence ; et dès l’année de la vente, vous devez déclarer et payer l’impôt sur la plus-value, dont le régime dépend de votre situation. Anticipez ces 3 sujets avant le closing, pas après.
Dans la partie 2, remise aux clients du cabinet ou sur demande
Étape 1, en intégralité
Décider et préparer la cession
En bref
La préparation est l’étape que les dirigeants de TPE sautent le plus souvent, et celle qui fait perdre le plus d’argent. Avant de chercher un acquéreur, vous devez choisir ce que vous vendez (le fonds de commerce ou les titres de la société), mettre l’entreprise en ordre sur le plan juridique, comptable et social, et vous faire une idée réaliste de sa valeur. Comptez de 1 à 6 mois pour cette étape selon l’état de vos dossiers.
Ce qui se passe
Clarifier votre projet personnel
Pourquoi vendez-vous ? Départ à la retraite, changement de vie, lassitude, opportunité, difficultés de santé, mésentente entre associés : la réponse détermine votre calendrier, votre prix de réserve et votre capacité à accompagner le repreneur après la vente. Un cédant pressé vend moins cher. Un cédant qui a fixé une date de départ réaliste, avec une marge de plusieurs mois, négocie en position de force.
Posez-vous aussi la question de votre avenir : allez-vous continuer une activité, rester quelques mois dans l’entreprise, accepter une clause de non-concurrence, conserver les murs si vous en êtes propriétaire ? Ces choix ont des conséquences directes sur les actes qui seront signés.
Choisir ce que vous vendez : le fonds de commerce ou les titres
C’est la décision structurante de toute cession de TPE. Si vous exercez en entreprise individuelle, vous ne pouvez vendre que votre fonds (fonds de commerce, fonds artisanal, clientèle libérale). Si vous exercez en société, vous avez le choix : la société vend son fonds de commerce, ou vous vendez les titres de la société.
Dans une cession de fonds de commerce, l’acquéreur achète les éléments qui servent à exploiter l’activité : la clientèle, l’enseigne et le nom commercial, le droit au bail, le matériel, le mobilier, les marchandises, les contrats de travail (qui sont transmis automatiquement) et, le cas échéant, les licences et le site internet. Il ne reprend pas les dettes ni les créances, qui restent dans votre patrimoine ou dans votre société. Celle-ci continue d’exister après la vente, avec le prix de vente en trésorerie, et il faudra ensuite décider de son sort (liquidation, changement d’activité, conservation).
Dans une cession de titres, l’acquéreur achète la société elle-même, avec tout ce qu’elle contient : l’actif, mais aussi le passif, les contrats en cours, les contentieux, les dettes fiscales et sociales, y compris celles que personne n’a encore vues. C’est pourquoi l’acquéreur exigera une garantie d’actif et de passif (étape 5). L’opération est plus simple sur le plan des formalités, mais plus lourde sur le plan des engagements du cédant.
| Cession du fonds de commerce | Cession des titres | |
|---|---|---|
| Ce qui est vendu | Les éléments d’exploitation (clientèle, bail, matériel, marchandises, contrats de travail). | La société entière : actif et passif, contrats, contentieux, dettes. |
| Qui vend | L’entrepreneur individuel ou la société propriétaire du fonds. | Les associés, personnes physiques ou morales. |
| Qui encaisse le prix | La société (ou l’entrepreneur individuel). En société, le prix doit ensuite remonter vers les associés. | Les associés, directement. |
| Dettes et créances | Restent chez le vendeur, sauf accord contraire. | Restent dans la société, donc passent à l’acquéreur. |
| Contrats en cours | Ne sont pas transmis, sauf contrats de travail, assurances et quelques exceptions ; chaque contrat doit être repris avec l’accord du cocontractant. | Se poursuivent, sous réserve des clauses de changement de contrôle. |
| Bail commercial | Cédé avec le fonds ; le bailleur ne peut pas l’interdire mais doit être appelé à l’acte et les formalités du bail respectées. | Inchangé ; vérifier toute clause liée au changement de contrôle ou de dirigeant. |
| Garantie du vendeur | Garantie légale d’éviction et des vices ; peu de garantie sur le passé. | Garantie d’actif et de passif négociée, souvent de 3 à 5 ans. |
| Prix et séquestre | Prix bloqué chez un séquestre pendant plusieurs mois (opposition des créanciers, solidarité fiscale). | Prix versé au closing, sauf séquestre partiel au titre de la garantie. |
| Droits d’enregistrement (à la charge de l’acquéreur) | 0% jusqu’à 23.000 €, 3% de 23.000 € à 200.000 €, 5% au-delà. | Parts sociales : 3% après un abattement de 23.000 € proratisé. Actions : 0,1%. Titres de société à prépondérance immobilière : 5%. |
| Formalités | Publicité légale, BODACC, enregistrement, déclarations en mairie le cas échéant, transfert des contrats un par un. | Ordre de mouvement ou acte de cession, enregistrement, mise à jour des statuts et du registre, dépôt au greffe. |
Le choix se fait avec votre expert-comptable et votre avocat, en croisant 3 critères : ce que veut l’acquéreur (un repreneur individuel préfère souvent le fonds, un repreneur déjà en société préfère souvent les titres), le passif de votre société (plus il est lourd ou incertain, plus la cession de fonds protège l’acquéreur et simplifie la négociation de la garantie) et la fiscalité, qui diffère selon la formule et selon votre situation personnelle (étape 7).
Mettre l’entreprise en ordre
Tout ce que l’acquéreur découvrira lors de son audit (étape 4) deviendra un argument pour baisser le prix ou durcir la garantie. La préparation consiste à trouver ces points avant lui et à les corriger, ou au moins à les documenter.
Sur le plan juridique : les statuts sont-ils à jour et cohérents avec la réalité (siège, dirigeant, capital, objet) ? Les assemblées annuelles ont-elles été tenues et les comptes déposés au greffe ? Le registre des mouvements de titres et les registres d’assemblées existent-ils ? Le bail commercial est-il en cours de validité, le loyer à jour, la destination des lieux conforme à l’activité réelle ? Les contrats importants (fournisseurs, clients, franchise, licence de marque, maintenance, logiciels) sont-ils écrits et signés ? La marque, le nom de domaine et le site internet sont-ils au nom de la société et non au vôtre ?
Sur le plan comptable et financier : les 3 derniers bilans sont-ils clos et fiables ? Le compte courant d’associé est-il documenté ? Les dettes fiscales et sociales sont-elles réglées ? Les stocks sont-ils valorisés correctement ? Existe-t-il des engagements hors bilan (cautions personnelles, crédit-bail, contrats de longue durée) ?
Sur le plan social : chaque salarié a-t-il un contrat de travail écrit, une fiche de poste à jour, des bulletins conformes à la convention collective ? Les heures supplémentaires, les congés et les entretiens obligatoires sont-ils suivis ? Le document unique d’évaluation des risques existe-t-il ? Y a-t-il des litiges en cours ou latents ?
Sur le plan réglementaire : les autorisations nécessaires à l’activité (licence de débit de boissons, agrément, carte professionnelle, registre des déchets, accessibilité, hygiène) sont-elles à jour et au bon nom ?
Estimer la valeur de l’entreprise
Il n’existe pas de prix « officiel » d’une TPE. Le prix est celui qu’un acquéreur accepte de payer et qu’un cédant accepte de recevoir, à un moment donné. Les méthodes d’évaluation servent à cadrer la discussion, pas à la clore. Pour une TPE, 2 approches suffisent le plus souvent.
La première est l’approche par les barèmes professionnels, utilisée surtout pour les fonds de commerce : chaque secteur (boulangerie, pharmacie, restaurant, salon, boutique, cabinet) dispose de fourchettes exprimées en pourcentage du chiffre d’affaires annuel, publiées dans des barèmes que votre expert-comptable connaît. Cette approche est rapide mais grossière, car elle ne tient pas compte de la rentabilité réelle.
La seconde est l’approche par la rentabilité, c’est-à-dire par un multiple de l’excédent brut d’exploitation, appelé EBE. Pour une TPE, on retient généralement une valeur comprise entre 1 et 5 fois l’EBE retraité, selon le secteur, la dépendance de l’entreprise à la personne du dirigeant, la récurrence de la clientèle, la durée restante du bail et la tendance des 3 derniers exercices. Les méthodes d’actualisation des flux futurs, utilisées pour les grandes entreprises, sont inutiles à cette échelle.
Comment se calcule l’EBE
L’EBE mesure ce que l’activité dégage avant de payer les frais financiers, les impôts sur les bénéfices, les amortissements et les éléments exceptionnels. Il se lit dans les soldes intermédiaires de gestion établis par votre expert-comptable, ou se calcule ainsi :
EBE = chiffre d’affaires + subventions d’exploitation, moins les achats consommés (marchandises, matières, variation de stocks), moins les autres charges externes (loyers, assurances, honoraires, énergie, sous-traitance, publicité), moins les impôts et taxes, moins les charges de personnel (salaires et charges sociales, y compris la rémunération du dirigeant et ses cotisations).
Exemple : une boutique de décoration réalise 420.000 € de chiffre d’affaires, achète pour 190.000 € de marchandises, supporte 70.000 € de charges externes, 6.000 € d’impôts et taxes et 110.000 € de charges de personnel. Son EBE comptable est de 420.000 moins 190.000 moins 70.000 moins 6.000 moins 110.000, soit 44.000 €.
L’EBE comptable n’est jamais utilisé tel quel. L’acquéreur cherche l’EBE « normatif », c’est-à-dire celui que l’entreprise dégagerait dans des conditions normales entre ses mains. On procède donc à des retraitements, à la hausse comme à la baisse, qu’il faut connaître parce qu’ils font l’objet des discussions les plus vives.
- La rémunération du dirigeant. Si vous vous payez peu ou pas du tout, l’acquéreur retirera de l’EBE la rémunération normale d’un dirigeant ou d’un responsable salarié. Si vous vous payez au-dessus du marché, l’EBE sera au contraire relevé.
- Le loyer. Si les murs vous appartiennent, directement ou par une SCI, et que le loyer facturé est inférieur ou supérieur au prix du marché, l’EBE est corrigé du loyer de marché.
- Les charges personnelles passées dans l’entreprise. Véhicule, téléphone, déplacements, repas, assurances ou salaires de proches sans contrepartie réelle : ces charges sont réintégrées, car le repreneur ne les supportera pas.
- Les éléments non récurrents. Une grosse réparation, un litige, une subvention exceptionnelle, un client perdu ou gagné en fin d’exercice, un stock dévalorisé : tout ce qui ne se reproduira pas est neutralisé.
- Le crédit-bail et les locations financières. Selon la méthode retenue, les loyers de crédit-bail peuvent être retraités pour comparer l’entreprise à une entreprise propriétaire de son matériel.
- Les provisions et les régularisations. Les provisions injustifiées ou insuffisantes, les factures non parvenues et les produits constatés d’avance sont corrigés pour refléter la réalité de l’exercice.
Reprenons l’exemple de la boutique de décoration. Le dirigeant ne se verse que 18.000 € par an alors qu’un responsable de magasin coûterait 38.000 € charges comprises : l’EBE baisse de 20.000 €. En revanche, 9.000 € de frais de véhicule et de déplacements personnels sont réintégrés, ainsi qu’une réparation exceptionnelle de la devanture de 7.000 €. L’EBE retraité s’établit à 44.000 moins 20.000 plus 9.000 plus 7.000, soit 40.000 €. À un multiple de 3, la valeur indicative de l’activité est de 120.000 €.
Pour une cession de titres, une dernière correction s’impose : la valeur obtenue est celle de l’activité. Pour passer au prix des titres, on ajoute la trésorerie et on retranche les dettes financières (emprunts, comptes courants d’associés à rembourser). C’est ce mécanisme, appelé ajustement de prix sur la trésorerie nette, qui sera détaillé dans le protocole (étape 5). Une trésorerie confortable au jour de la vente se paie ; une dette bancaire non remboursée se déduit.
Les pièces à réunir
- Extrait Kbis récent, statuts à jour, registres et procès-verbaux d’assemblées des 3 dernières années, registre des mouvements de titres.
- Les 3 derniers bilans avec leurs annexes, la liasse fiscale, les soldes intermédiaires de gestion et une situation comptable récente.
- Le bail commercial, ses avenants, le dernier avis d’échéance et l’état des lieux d’entrée.
- La liste des contrats en cours avec leur date d’échéance et leurs conditions de résiliation.
- Le registre du personnel, les contrats de travail, la convention collective applicable, les 12 derniers bulletins de paie et le document unique.
- Les titres de propriété intellectuelle : dépôt de marque à l’INPI, noms de domaine, contrats de licence.
- Les autorisations administratives et les diagnostics propres à votre activité.
- L’inventaire du matériel avec sa valeur nette comptable et les contrats de crédit-bail ou de location.
Le point de vigilance de l’avocate
Une entreprise mal préparée se vend moins cher, ou pas du tout. Les 3 défauts que je rencontre le plus souvent dans les TPE sont une marque ou un nom de domaine déposés au nom du dirigeant et non de la société, un bail commercial dont la destination ne correspond plus à l’activité réellement exercée et des comptes courants d’associés dont personne ne sait plus s’ils sont dus ou non. Chacun de ces défauts se règle en quelques semaines lorsqu’on l’anticipe, et bloque la vente lorsqu’on le découvre à l’audit.
Check-list de l’étape 1
- J’ai fixé la raison de la vente, ma date de départ souhaitée et ma marge de manœuvre.
- J’ai arrêté, avec mon expert-comptable et mon avocat, la formule de cession : fonds de commerce ou titres.
- Les statuts, les registres et les dépôts au greffe sont à jour.
- Le bail commercial est vérifié : durée restante, loyer, destination, clauses de cession.
- Les contrats importants sont écrits, signés et rangés dans un dossier.
- La marque, le nom de domaine et le site internet sont au nom de l’entreprise.
- Les dossiers du personnel sont complets et conformes.
- J’ai un EBE retraité et une fourchette de valeur, discutée avec mon expert-comptable.
- J’ai constitué le dossier de pièces qui servira de base à l’audit.
Partie 1 : préparer sa cession
Les étapes 2 et 3, envoyées aux abonnés de la lettre
La partie 1 du guide (étapes 1 à 3, 15 pages en PDF, avec les check-lists) est envoyée par e-mail aux abonnés de la lettre SimplyCession. Voici ce qu’elle contient.
Étape 2. Organiser la confidentialité et trouver l’acquéreur
La recherche d’un acquéreur est le moment où la cession peut se savoir : salariés inquiets, fournisseurs qui durcissent leurs conditions, concurrents qui en profitent. Vous devez donc organiser la confidentialité avant toute approche, préparer un dossier de présentation sobre et honnête, et connaître l’obligation légale d’informer vos salariés du projet de vente.
- Où trouver un repreneur
- L’accord de confidentialité
- Le dossier de présentation
- L’information des salariés
Étape 3. La lettre d’intention
La lettre d’intention est le premier document signé entre le cédant et l’acquéreur. Elle fixe le prix envisagé, le périmètre de l’opération, le calendrier, les conditions et les règles du jeu de la négociation (exclusivité, confidentialité, audit). Elle n’est pas la vente, mais elle engage plus qu’on ne le croit. Sa rédaction mérite un conseil dès ce stade.
- Le contenu habituel
- La portée juridique
- L’exclusivité, arme à double tranchant
Partie 1 · PDF de 15 pages
Recevoir la partie 1 du guide
Les étapes 1 à 3 en PDF, avec les check-lists, envoyées par e-mail. Vous recevrez ensuite la lettre SimplyCession. Désinscription en un clic.
Partie 2 : négocier et signer
Les étapes 4 à 7, remises aux clients du cabinet
La partie 2 du guide, consacrée à l’audit de l’acquéreur, au protocole de cession, au closing et à l’après-vente, est remise aux clients du cabinet lors du premier rendez-vous. Elle peut aussi être adressée sur demande. Voici son plan.
Étape 4. L’audit de l’acquéreur
- La data room
- Ce que l’acquéreur regarde en priorité
- Votre obligation d’information
Étape 5. Le protocole de cession
- Le prix et ses ajustements
- Les conditions suspensives
- La garantie d’actif et de passif
- La non-concurrence et l’accompagnement
Étape 6. Le closing
- La veille du closing
- Le jour du closing : cession de titres
- Le jour du closing : cession de fonds de commerce
- Les formalités après le closing
Étape 7. Après la vente
- La période d’accompagnement
- La vie de la garantie
- La non-concurrence
- La fiscalité du cédant
- Le sort de votre société après une vente de fonds
Partie 2 · sur demande
Demander la partie 2 du guide
Les étapes 4 à 7 (audit, protocole de cession, closing, après-vente) ne sont pas en ligne. Vous pouvez en faire la demande en précisant en quelques mots votre projet : chaque demande est examinée personnellement.
Demander la partie 2Pour conclure
Les 7 réflexes du cédant
Si vous ne deviez retenir que quelques idées de ce guide, voici celles qui, dossier après dossier, font la différence entre une cession sereine et une cession subie.
- Préparez avant de chercher : une entreprise en ordre se vend plus vite et plus cher.
- Choisissez la formule, fonds ou titres, avec vos conseils, avant la première discussion de prix.
- Ne communiquez rien sans accord de confidentialité, et rien d’inexact jamais.
- Lisez la lettre d’intention comme un contrat, parce que c’en est un.
- Mettez tout sur la table pendant l’audit : ce qui est révélé se négocie, ce qui est caché se plaide.
- Bornez la garantie et réglez le sort de vos cautions dans le protocole.
- Faites simuler la fiscalité avant de signer, pas après.
Une question ?
Il n’y a pas de question bête
Une hésitation sur votre projet, un terme que vous ne comprenez pas, un doute sur un document qu’on vous a fait signer : posez votre question. Une petite question posée tôt évite souvent un gros problème plus tard.
Poser ma question
L’auteure
Justine HENRY, avocate
Avocate au Barreau du VAL-DE-MARNE, en droit des sociétés depuis 2003, Justine HENRY accompagne les dirigeants de TPE du VAL-DE-MARNE et de la région parisienne dans la cession, la reprise et la transmission de leur entreprise. Elle exerce au sein du cabinet CJH AVOCAT, à VINCENNES, et édite SimplyCession.fr.
Le site du cabinetCe guide a une vocation pédagogique. Il présente les règles et les pratiques générales applicables à la cession d’une très petite entreprise en FRANCE à la date de sa rédaction et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.
