En 2026, le marché des transmissions d’entreprises en France est marqué par une dynamique contrastée, où les opportunités coexistent avec des défis structurels. Pour les dirigeants, les investisseurs et les repreneurs, comprendre ces tendances est crucial pour réussir une transmission. Voici une analyse des tendances récentes, basée sur des données publiées entre 2025 et 2026.

1. Un marché porteur mais exigeant

Le marché des transmissions d’entreprises en 2026 offre plus que jamais un environnement favorable pour les entreprises bien préparées.

Les groupes et fonds d’investissement recherchent désormais des entreprises de niche, capables de s’intégrer dans une stratégie de consolidation ou de croissance externe (build-up).

Cependant, les entreprises présentant des fragilités risquent une réduction de valorisation ou un désintérêt du marché.

2. Un potentiel élevé, mais des freins persistants

Une étude de Bpifrance Le Lab, publiée en novembre 2025, souligne que 370 000 entreprises pourraient être concernées par une transmission d’ici 2030.

Pourtant, si le rythme actuel se maintient, seules 130 000 entreprises seront effectivement transmises.

Les principaux freins identifiés sont :

  • les barrières psychologiques : 70 % des dirigeants prévoyant de transmettre dans plus d’un an n’ont pas encore entamé la préparation,
  • le manque d’anticipation,
  • et les difficultés à trouver le bon repreneur.
  • 23 % des dirigeants redoutent de ne pas trouver de repreneur,
  • et 22 % des aspirants repreneurs peinent à trouver une entreprise à reprendre.
  • Source : AFP, novembre 2025

3. Le pacte Dutreil : un dispositif central mais controversé

Le pacte Dutreil, qui permet un abattement fiscal de 75 % sur la valeur d’une entreprise familiale transmise, reste un levier essentiel pour les transmissions familiales.

En 2025, le ministre de l’Économie, Eric Lombard, a réaffirmé son importance, soulignant que ce dispositif facilite la transmission des entreprises familiales et contribue à la souveraineté économique de la France.

Cependant, le pacte Dutreil est régulièrement critiqué pour son coût fiscal (estimé à 5,5 milliards d’euros en 2024 selon la Cour des comptes) et les risques d’abus.

Le gouvernement a annoncé vouloir exclure les biens somptuaires des avantages fiscaux, sans remettre en cause le dispositif dans son ensemble. Source : AFP, juin 2025

En octobre 2025, le ministre des PME, Serge Papin, a proposé d’étendre le pacte Dutreil aux transmissions vers les salariés, afin de faciliter la reprise des TPE par leurs collaborateurs et éviter la disparition de ces entreprises. Source : AFP, octobre 2025

4. L’attractivité des entreprises françaises pour les investisseurs étrangers

Malgré un contexte politique et économique incertain, la France reste un pôle d’attractivité pour les investisseurs étrangers.

Selon des spécialistes interrogés par l’AFP en octobre 2025, les fondamentaux de l’économie française (écosystème d’innovation, main-d’œuvre qualifiée, position géographique) continuent d’attirer des capitaux, notamment dans les secteurs tech, santé et énergie verte.

Les prix des entreprises françaises, jugés intéressants par les investisseurs américains, ont conduit à une augmentation des demandes d’investissement depuis l’été 2025, notamment dans la tech. Source : AFP, octobre 2025

5. Les défis financiers et la préparation des cédants

En 2026, les contraintes de financement deviennent un enjeu majeur, notamment pour les petites structures.

Les repreneurs peinent parfois à obtenir des financements, et les cédants doivent anticiper pour maximiser la valorisation de leur entreprise.

Selon Bpifrance Le Lab, 30 % des repreneurs ont rencontré des difficultés pour trouver des financements, et 48 % des cédants placent la pérennité de l’entreprise comme priorité, devant la solidité financière du repreneur (29 %) ou le prix de vente (14 %). Source : AFP, novembre 2025

6. Perspectives pour 2026 : un marché en consolidation

Les experts anticipent une poursuite de la consolidation du marché en 2026, avec une hausse des transmissions dans les secteurs innovants (tech, santé, énergie verte) et une stabilisation des valorisations pour les entreprises bien préparées.

Les exigences en matière de conformité (RGPD, RSE, transparence financière) devraient également se renforcer.

Conclusion

En 2026, le marché des transmissions d’entreprises en France offre des opportunités réelles, mais exige rigueur et préparation. Les entreprises qui anticipent et se préparent dès maintenant seront les mieux placées pour réussir leur transmission.


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